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Un long cri dans la nuit «Cinq années à l'asile» Éditions Edimag |
Alice Robitaille dite "Alys Robi
" est née le 3
février 1923.
Un jour, au sommet d'une carrière
internationale, la grande Alys, la star s'est effondrée
sous la pression après un
terrible accident de voiture. Elle avait à peine cinq ans quand son
père
a commencé à l'inscrire
à divers concours d'amateurs. Très vite, elle a pris
goût à cette vie et à
treize ans elle vint seule s'installer
à Montréal pour évoluer dans le métier. «Les
roses blanches,
Quand on s'aime bien tous les
deux, Jalousie, Je n'ai qu'une maman c'est toi et La berceuse de Jocelin»
faisaient partie de son grand répertoir. Encore enfant,
elle évoluait dans un univers dont
elle n'avait déjà plus
le contrôle. Elle voulait à tout prix réussir
et plaire à son public qui le
lui rendait très bien.
Elle réussissait tout et en voulait toujours plus jusqu'au jour
où sa voiture s'est écrasé
contre un arbre. Une douleur vive à la tête.
Deux mois d'hospitalisation.
De longues heures à broyer du noir.
Pour Alys, Hollywood avait perdu
toute sa magie...
"Les médecins me conseillaient
un séjour au Sanatorium Prévost. Le mal
progressait en moi à une vitesse
folle. Les périodes de grande déprime succédaient à
des
périodes de grande agitation.
Ne me faites pas de mal, criais-je, voyant que l'on me plaçait
quelque chose sur les tempes.
Je venais de recevoir mon premier électrochoc. À froid...
Sans anesthésie... La
douleur était si vive qu'il n'y a pas de mots pour la décrire.
C'était dans lesannées
40. Ce fut un véritable enfer. Quand je criais mes peurs,
on me droguait, me donnait des électrochocs
ou des bains froids pour que je
reste tranquille. Sans la foi, je
me serais laissée aller dans une folie
incurable. Ma solitude était
intenable. Un jour, on m'annonça
une opération: La LOBOTOMIE
. On allait m'ouvrir
la calotte crânienne pour aller
fouiller dans mon cerveau.
On allait sectionner des fibres nerveuses.
J'étais terrorisée.
Je me réveillai guérie
et j'ai compris plus tard que j'avais été un des rares cas
réussis de lobotomie. J'avais
maintenant une chance de guérison complète et je n'allais pas
la laisser passer. Je me suis
juré, en franchissant le seuil de l'hôpital, que je n'y reviendrais
plus jamais... J'ai vécu
ma convalescence chez mes parents puis je suis retournée chanter.
À cette époque, quand
on souffrait de troubles émotionnels, on devenait automatiquement
paria de la société.
Certains osaient même m'interrompre pendant une chanson pour
me harceler. Toute ma vie, j'aurai
à me montrer extrêmement vigilente
pour mériter le respect d'autrui."
Ses oeuvres
Aujourd'hui, à 71 ans, Alys
est toujours prête à chanter.
Elle s'occupe du «Chez-nous des artistes»
ouvert en 1985.
Ce bâtiment loge des aritistes
souvent âgés ou ayant de faibles ressources
financières et leur permet
ainsi de finir leurs jours dans la dignité. Elle y habite
d'ailleurs aujourd'hui et aime croiser
ses amis dans la salle commune et
échanger des souvenirs de
la scène avec eux. Elle s'occupe aussi
de la fondation «Les Amis d'Alys Robi»
laquelle sera
consacrée à la défense
des droits des malades mentaux qui
tente une réinsertion dans
la société après un internement
plus ou moins long dans un centre
psychiatrique.
Alys Robi et son équipe
cherchent toujours des
fonds, des personnes ressources,
des lieux d'hébergement pour
tous ces malades supposément
guéris mais qui risquent de
graves rechutes si on ne leur vient
pas en aide. La maladie
mentale est un défi à
notre conscience collective
et non celui d'une seule femme:
Alys Robi
.
Pour plus de renseignements: Alys Robi
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