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''Quand je serai grande, je serai sage...'' Éditions: Libre Expression Andrée Boucher, Bravo! Je suis impressionnée par la franchise et la force morale de cette femme qui a vécu les affres de la vie et qui a toujours su y faire face avec un courage incroyable. |
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Andrée est née
l8 septembre 1938 à l'hôpital de Rouyn-Noranda . Elle
a eu une enfance bénie dit-elle, dans la plus belle région
du Canada appelée Macamic en Abitibi. C'est là qu'elle
a acquis le goût des grands espaces, là où le rêve
ne rencontre aucun obstacle. Chez elle, on mettait les enfants dehors
à huit du matin sans surveillance ou presque, rien n'était
menaçant ou dangereux. Elle y a acquis le goût de la liberté
pure et simple. Elle a connu l'angoisse en déménageant
en ville.
À quatorze ans, Elvis
Presley devient son idole. Elle va au cinéma jusqu'à
trois fois par semaine,
lit tout ce qui lui tombe sur la main, écrit aux acteurs qu'elle aime à Hollywood et acquiert la certitude qu'un jour elle aussi sera une célèbre actrice. Le soir, en cachette, elle se rend souvent dans les boîtes existentialistes comme l'Échourie et La Petite Europe. Tout en terminant sa onzième année, elle prépare son entrée au Conservatoire d'art dramatique, très contestée par ses parents. Sa grand-mère est la seule à encourager ses talents de comédienne. À 17 ans,
Gratien Gélinas lui demande de remplacer une chanteuse malade à
La Porte St-Jean à Québec, elle est folle de joie... Elle
est allée à l'école des films américains où
les acteurs savaient
tout faire. Tout était bon pour faire de l'argent, elle a même posé nue aux Beaux-Arts. Le soir d'une beuverie, elle se fait violer par un chanteur populaire. Six semaines plus tard, le test de grossesse est positif. Le père lui fait comprendre que c'est son problème et lui donne l'adresse d'un médecin avorteur. C'est l'angoisse... À la fin des années cinquante, un enfant sans père est un bâtard. '' J'ai trop mal, j'ai trop de peine... Plus jamais on ne m'y reprendra, dit-elle...'' Elle travaille beaucoup dans
les clubs et à 22 ans elle y rencontre celui
qui deviendra le père de sa fille. Elle est folle de passion
pour lui. Elle découvre qu'elle est enceinte avec un sentiment de
culpabilité. Il ne veut pas d'enfant, elle non plus mais trop tard
pour se faire avorter de nouveau, elle accouche d'une belle fille le 21 octobre
à Ste-Justine. Il ne veut pas la voir. Elle le quitte peu après
et s'installe dans une chambre avec sa fille.
Elle rencontre Serge Deyglun sur les lignes de piquetage, pendant la grève des réalisateurs de Radio-Canada. Il connaît tout le monde et la présente à tous. Serge mène une vie de barreau de chaise et avoue être alcoolique. Il lui ouvre des horizons nouveaux. On lui offre un engagement à La Porte St-Jean. La grand-mère de sa fille veut bien la garder durant quinze jours. À son retour, elle offre de s'en occuper durant ses tournées, elle pourrait la voir durant les fins de semaine. La vie s'organise autour de cette entente. Avec le temps, il est de plus en plus clair pour Andrée que cette enfant n'est plus la sienne et elle en perd la garde. Serge la demande en mariage. La noce est fixée pour le 14 septembre 1960. En mars 1962 naît une belle petite fille nommée Annick. C'est un bébé de rêve. Au même moment, son avocat lui annonce que le procès pour avoir la garde son autre fille devrait avoir lieu dans quelques mois. Elle ne chôme pas avec trois répétitions et une journée de tournage par semaine. Serge ne boit pratiquement plus. Le bonheur leur sourit jusqu'au jour où une otite virant en méningite emporte la petite. Leur détresse est triste à voir. Chacun se mure dans sa propre souffrance. À 24 ans, Andrée qui a perdu son téléroman ''Joie de Vivre'', se contente de vivre à travers son mari, le suivant à la chasse et à la pêche. Le gin coule à flots. Le jugement accorde la garde de sa fille à la grand-mère. Elle porte la cause en appel mais n'y croit plus. Andrée et Serge célèbrent leur troisième anniversaire de mariage au restaurant St-Tropez et Andrée boit à s'en rendre malade. Elle est enceinte de trois mois, elle avorte puis retourne chez elle en marchant, s'arrête dans un bar et boit sans arrêt. Elle réussit à stopper l'hémoragie mais veut mourir. Elle se réveille à l'hôpital où elle a été cliniquement morte pendant deux minutes. Serge a une maîtresse. Vite: une chirurgie esthétique du ventre et des seins. La morphine l'aide à ne pas souffrir. Elle en abuse... Sevrage s'impose... Serge veut la quitter. Andrée n'est plus celle qu'il a épousée,
pour lui, elle est devenue une petite bourgeoise insignifiante. Elle
retourne vivre chez ses parents. Durant cette période, il
lui arrive de dormir quinze heures d'affilée. Parfois, elle
arrive chez Janine Sutto dans de drôles d'états, après
avoir consommé drogues, boissons et pillules.
Elle mène une vie de barreau de chaise et s'entoure
de drogués.
Serge s'est remarié, sa grand-maman est morte. Elle ne fait que se maintenir dans la lumière pour ne pas trop décevoir les siens. Elle a vingt-huit ans et pas un sou vaillant. Elle part en France trois mois tourner ''Schulmeïster''. Pour elle, tout est permis en autant qu'on ne fasse de mal à personne. C'est la déprime, la descente aux enfers, elle plane. Sa cheville enfle mais elle continue à jouer en talons hauts. En mars 1976 elle rencontre Jean-Pierre Bélanger, c'est le coup de foudre pour tous les deux, le grand amour qui dure encore aujurd'hui. Elle connaît avec lui des moments de pure fantaisie. Il la fait rire. Leur amour ne cesse de grandir. Ils accompagnent le père d'Andrée dans son cancer jusqu'à sa mort cinq ans plus tard. Jean-Pierre est un homme merveilleux. Un médecin annonce à Andrée: arthrite rhumatoïde sévère finissant en chaise roulante. Elle est terrassée. Elle prend une décision, elle défiera ce médecin. Elle se bourre d'anti-inflammatoires. Elle mettra la même passion à se reconstruire qu'elle a mis à se détruire. Elle voit: auriculothérapeute, ostéopathe, diététiste, naturopathe, massothérapeute, physiothérapeute, neurologue, orthopédiste, etc... Elle subit une première intervention à la hanche droite en 1987 puis peu de temps après à la hanche gauche. Le roman de Jean-Pierre est un best-seller. En 95, on doit la réopérer à la hanche droite pour remplacer la tête mobile de la prothèse du fémur. Malheur des malheurs, une infections'installe et on doit la réopérer. Andrée refuse et entreprend le grand combat de sa vie. Elle guérira par la médecine douce ce que la médecine traditionnelle ne peut faire... Il faut lire son
deuxième livre: ''J'ai choisi la vie ''
pour franchir avec Andrée toutes les étapes de son cheminement incroyable. |